Avec une bonne semaine de retard sur le calendrier initialement annoncé (et mê

Climat

Débat sur l’énergie « tout est sur la table » parait-il. Nous sommes sur le terrain

Avec une bonne semaine de retard sur le calendrier initialement annoncé (et même 4 mois de retard sur la promesse du candidat Hollande), le débat national sur la transition énergétique a officiellement démarré ce 29 novembre au ministère de l’Écologie. Débat auquel Greenpeace a choisi de ne pas participer (voir : Débat sur l’énergie : nous ne serons pas à l’intérieur).

Les médias (et certains participants du débat) ont retenu que Greenpeace faisait une « politique de la chaise vide », en raison de la composition du comité de pilotage. C’est réducteur. C’est faux. Le problème est plus profond.

Un débat sans objet, une organisation floue

Greenpeace a participé assidûment aux rendez-vous préparatoires. Nous avons rencontré la ministre et son équipe. Nous avons « joué le jeu » … Mais voilà. Le nombre de questions sans réponses est alarmant.

Pourquoi enfermer la question nucléaire dans la fermeture unique de Fessenheim ? Pourquoi laisser dépérir les filières renouvelables ? Pourquoi éviter le sujet des transports pourtant clé dans la problématique énergétique ? Pourquoi s’acharner sur le projet Notre-Dame-des-Landes, issu d’un autre âge ?

Le comité de pilotage et le Gouvernement ont beau déclarer que « tout est sur la table« , qu’il « n’y a a pas de questions tabous« , ces dossiers sont restés sans réponses, malgré notre volonté de les aborder.

Quant aux « règles du jeu » pour reprendre les éléments de langage du ministère, elles sont pipées : comment mener un débat équitable, ouvert, transparent, quand le comité de pilotage est présidé par la ministre elle-même, juge et partie. Que ce comité reste composé, pour le collège entreprises, de deux représentants des acteurs du CAC 40 uniquement qui ont fait carrière dans les secteurs du nucléaire, de l’automobile ou encore de la cimenterie. Que ce comité se fait sans représentation des PME, ou des filières de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables.

Nous n’avons plus confiance dans la volonté de ce gouvernement d’engager la France dans sa nécessaire transition énergétique. Et ce n’est pas son attitude sur Notre-Dame-des-Landes ou les nouvelles prises de parole sur les schistes qui vont nous faire changer d’avis… La vision qu’il défend actuellement appartient au passé.

Être présent là où nous sommes forts : à l’extérieur

Nous ne refusons ni le débat ni la discussion. Mais nous voulons un débat qui aborde les bonnes questions.

Pour illustrer l’un des manques du débat, une dizaine d’activistes de Greenpeace ont déployé hier matin à la centrale du Tricastin une banderole de 60m² sur laquelle on pouvait lire “Tricastin en zone sismique, on en parle vraiment !”.
Comme celle du Bugey, celle de Gravelines ou par exemple celle du Blayais, la centrale de Tricastin cumule les risques : plus de 30 ans comme Fessenheim, sismicité élevée, risque d’inondation, 5 sites Seveso à proximité, zone à risque d’incendie …

Nos militants étaient également présents hier, à l’accueil du ministère. Avec un message simple : Et si on parlait vraiment ?

Greenpeace ne participera pas au débat “dans les salons” mais sera bien présente pour défendre sa vision de la transition énergétique sur le terrain avec sa capacité d’interpellation, d’action et de mobilisation.