Energie / Climat | le 10 août 2010

Liaisons dangereuses entre dérèglement climatique et catastrophes naturelles

Durant ces dernières semaines, de gigantesques feux ont fait rage dans la partie occidentale de la Russie, touchée depuis début juillet par une canicule sans précédent. Les incendies ont tué au moins 54 personnes et ravagé une superficie de 190 400 hectares, menaçant des installations stratégiques. Les pires inondations depuis 80 ans au Pakistan ont tué plus de 1600 personnes et laissé 2 millions de sans abris. Près de 1500 personnes sont mortes dans des glissements de terrain et des inondations en Chine. Il ne s’agit pas là de dresser un tableau apocalyptique, mais de prendre un peu de recul par rapport à cette actualité.

Si l’on ne peut, objectivement, attribuer chaque événement individuellement au dérèglement climatique, l’accumulation de catastrophes naturelles en si peu de temps s’inscrit en cohérence avec les prévisions des climatologues du GIEC. Par exemple, une canicule, comme celle de 2003 qui a frappé l’Europe ou comme celle qui touche en ce moment la Russie, n’est pas une preuve que le climat change : un tel événement, même s’il est inédit et improbable, n’est pas impossible dans un climat non perturbé par l’homme. En revanche, le fait que l’on trouve dans les douze dernières années (1997-2008) les dix les plus chaudes depuis que l’on fait des mesures dans le monde est quasiment impossible en l’absence d’un réchauffement global.

La probabilité de certains événements extrêmes comme les canicules et les sécheresses semble déjà avoir augmenté, même s’il est impossible de dire qu’un événement donné est “causé” par le changement climatique. C’est ce à quoi va ressembler notre monde si nous ne faisons rien pour enrayer le phénomène, des événements climatiques toujours plus fréquents et plus intenses. La nature nous dit qu’il est temps d’agir, qu’il est urgent de se défaire de notre dépendance aux énergies fossiles et d’offrir aux générations à venir un futur vert et prospère.

Focus sur l’inadaptation du nucléaire au dérèglement climatique
Le risque que font courir les incendies en Russie prouvent l’inadaptation du nucléaire aux changements climatiques. 10 provinces portent encore les stigmates de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, notamment Bryanskaya qui reste la plus contaminée. De même, dans le sud de l’Oural, les alentours de l’usine russe de retraitement et de stockage des déchets de haute activité de Mayak, sont fortement marqués par les conséquences de la grave explosion de 1957. Greenpeace demande depuis plusieurs années que les zones contaminées soient nettoyées mais rien n’a été fait, faisant aujourd’hui courir un risque aux populations.

Les incendies venant à toucher ces zones, les radioéléments rejetés dans l’atmosphère lors de ces explosions nucléaires peuvent être inhalés directement par les populations proches, exposées aux fumées. Les retombées d’éléments radioactifs viennent aussi contaminer les sols, la flore et donc la faune sur un périmètre qui dépendra des vents. Greenpeace a dressé une carte des zones contaminées où des incendies se sont déclarés, contrairement à ce qu’en disent les autorités russes.

En parallèle, le feu menace aussi directement de nombreux sites nucléaires, ce qui repose clairement la question de la vulnérabilité du nucléaire aux catastrophes climatiques. Rappelons que pendant la canicule de 2003, il a fallu arroser le toit de la centrale de Fessenheim en Alsace pour la maintenir en fonctionnement. Comment AREVA et le gouvernement français pensent-ils faire fonctionner des réacteurs dans des zones comme les Emirats Arabes Unis, où les températures moyennes maximales sont supérieures à 30°C 8 mois de l’année ?

Greenpeace demande donc que le gouvernement français fasse un état des lieux complet de la vulnérabilité du parc nucléaire au dérèglement climatique (inondations, risque d’incendies, etc…) à un horizon 30 ans, durée qui correspond à l’extension de la durée de vie des centrales actuelles envisagée par EDF.

Les demandes de Greenpeace sur le climat
S’il est trop tard pour empêcher un changement climatique minimal, il est encore temps d’agir pour éviter un réchauffement de forte ampleur. Tout dépend de ce qui sera fait ou non pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre (GES). Pour limiter l’augmentation des températures mondiales en deçà de 2°C, il est nécessaire d’inverser la courbe des émissions mondiales de GES, en croissance constante depuis des dizaines d’années, d’ici à 2015, avant de les réduire à un niveau proche de zéro le plus tôt possible, avant 2050.

Pour cela, l’Europe doit s’engager à réduire de 30% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020. C’est la première étape vers un engagement nécessaire de l’ensemble des pays industrialisés à réduire de 40% leurs émissions d’ici à 2020, seul objectif compatible avec la science du climat. Les pays en développement dans le même temps doivent réduire de 15 à 30% la croissance de leurs émissions de GES d’ici à 2020.

A lire, le rapport révolution énergétique

14 avis pour “Liaisons dangereuses entre dérèglement climatique et catastrophes naturelles”

  1. lludov dit :

    Greenpeace
    you have to watch the tv report on “the nature who come back at Tchernobyl” ? I saw it , it’s understanding
    What do you think it ?

  2. BOB 14 dit :

    Ce soir justement, j’ai vu un bon documentaire sur France 5 “sale temps sur la planète”. Au mexique apparement le déreglement climatique est déja bien enclenché !! Je ne comprends pas ! cela fait des années que scientifiques et associations écologistes tirent la sonnette d’alarme et il n’y a rien de fait. On est dirigé par des inconscients irresponsables je crois !!!

  3. Boblo dit :

    Comme d’habitude tout pour le fric et aucun respect pour l’environnement qui nous a fait naitre !

    Nous sommes entrain de léguer un désert a la génération suivante !

    Bref comme disait Gandhi :
    « La planète peut pourvoir aux besoins de tous, mais pas à la cupidité de certains. »

  4. http://www.vadrouille-covoiturage.com/ dit :

    Disons que les gens préfèrent le présent au futur : on préfère dépenser son argent maintenant plutôt que de l’économiser. C’est pareil : on préfère profiter de la planète maintenant, et on avisera pour plus tard.
    Ce n’est pas du tout la façon dont je pense personnellement, mais c’est celle des politiques.

    Pour ce qui est de la Russie, est-ce que des incendies comme ceux qu’on voit actuellement se produisent souvent ?

  5. Unptiteffort dit :

    Les assureurs eux-mêmes, maintenant, considèrent que les risques augmentent dans le monde entier, un argument pour faire bouger les choses, puisqu’il n’y a que l’argent apparemment qui puisse être un moteur suffisant.
    Un exemple: un chercheur du CERN, Cristoforo Benvenuti, a découvert il y a déjà 35 ans (!!!) un système de panneaux thermiques sous vide d’air beaucoup plus performant que les autres. Ce système, breveté par le CERN, vient d’être installé en Suisse pour la centrale thermique de Vernier (Genève). Pourquoi tellement temps perdu? Je suppose que jusqu’ici, le lobby du pétrole a prévalu.

  6. lulu dit :

    ca fait certes peur mais ca fait comme y a 1000 ans les dinosaures ou autres on tous vecus des dereglement climatique ect !!! et la terre evolue c pour ca mais c vrai ke lomme n’arrange rien meme kil accelere surement les choses mais bon on c tre bien ke c pa parce ke on est kelke un a vouloir un pe tt changer ke von y arriver ( g ke 13 ans)…j’ai kan meme de lespoir et on va y arriver!!!!!!

  7. touchepasamaterre dit :

    notre maitre d’école nous parlait exactement de ca moi je trouve que c’est`très grave !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  8. PAAP dit :

    Si nous n agissons pas, nous, au quotidien, il ne faudra pas attendre des autres (politiques industriels cupides de tout bords…) qu ils agissent pour nous. C est à nous citoyens lambda d etre des éco citoyens et modifier profondement nos habitudes de consommation. Les décisionnaires sont des irresponsables qui n ont que des visions à courts termes, ils sont tous de la meme “castes”, celle des avides de pouvoir et de richesses. Montrons leur que nous sommes plus puissants en refusant cette fuite en avant pour toujours plus, toujours mieu…orientons nous vers la qualité de vie saine et raisonnée, refusons de croire en leur système “tout pour la croissance” qui n est qu une fumisterie pour engraisser les plus gras et maintenir sous perfusion les déjà “trop faibles”. Perso leurs valeurs je m en moque et j éssaie à mon échelle de “changer” afin de mieu consommer: Proximité, de saison, bio…et non ca ne me coute pas plus cher, et oui je m en porte mieu meme si mon budget serré est happé par l augmentation notamment du cout de l énergie, de leurs énergies fossiles vendues à prix d or pour le profit de quelqu uns…je serai tellement fier qu enfin des projets responsables et novateurs soient soutenus, mais pour cela il faudrait des dirigeants empathiques et visionnaires…c est pas gagné!

  9. Solar Fury dit :

    Entièrement d’accord avec PAAP.
    petite précision pour “lulu”,les dinosaures n’ont pas vécu il y a mille ans,leur extinction remonte environ à 65 millions d’années,et ils sont apparus il y a environ 250 millions d’années.

  10. dagsit-bleu dit :

    prendre soin de la planète, ce n’est pas uniquement consommer bio et choisir sa consommation. C’est aussi respecter toutes les formes du vivant, ce que beaucoup de personnes a tendance à oublier. Beaucoup se disent favorables au bio par exemple, mais uniquement dans le souci de préserver leur peau, le monde animal et végétal passant largement après.

  11. Faust dit :

    dagsit-bleu dit : “Beaucoup se disent favorables au bio par exemple, mais uniquement dans le souci de préserver leur peau, le monde animal et végétal passant largement après.”

    Totalement d’accord avec toi. La dernière fois que je suis aller au biocoop proche de chez moi, j’ai vu sur le parking deux superbes 4X4 énormes et les beaux clients bobos qui vont avec et qui faisaient leurs courses dedans. Et le tout, bien sûr, en ville (pas en centre ville quand même, mais bon)

    Un peu comme dans la chanson de Renaud sur les bobos justement :)

  12. lailailai dit :

    prendre soin de la planète, ce n’est pas uniquement consommer bio et choisir sa consommation. [...]
    Oui mais aussi ne pas jeter ses mégots dans la rue, ne pas jeter de papier par terre, ramassez les déchets après être allé campé, ramasser les couches sales de bébé et ne pas les enterrer, arrêter la surconsommation de viande, arrêter d’utiliser la voiture, arrêter d’utiliser de l’électricité, arrêter de tuer les animaux à tout va,…Etc..etc… Manger bio ne sauvera pas le monde malheureusement… oui ça demanderait d’importants sacrifices de la part de chacun et le problème est bien là : personne n’est prêt à tant de sacrifice, même si c’est pour léguer une vie pourrie à nos enfants…

  13. bertrand dhermy dit :

    Bonjour à toutes et à tous,
    Dans le lot de phénomènes observables et induits par le réchauffement climatique, il faut également s’intéresser aux parcs forestiers de la planète. Déforestations et bouleversements climatiques liés aux phénomènes météorologiques ponctuels, amènent directement à une curiosité : Les forêts tropicales souffrent et commencent à bruler. Autrement dit, une des formes de poumons de la planète disparait au même tire que le pouvoir de régénération du phytoplancton et des coraux. Le pire, c’est que l’espoir est entre les mains de nos dirigeants eux-mêmes manipulés par les lobbies industriels. Nous allons droit vers une vie artificielle, parce que c’est la seule permettant le profit à profusion. L’esclavage de l’homme par ses pairs, pour les services de consommation.
    Il faut créer un Nouvel Ordre Architectural Humain, capable d’influer sur les décisions industrielles et politiques. Basé sur les conditions de vies de l’homme et non plus sur le matérialisme. Car nous pouvons produire pour tous, et pourtant, sur l’autel du profit, on détruit des récoltes et de la matière première pour préserver les niveaux de valeurs boursières. Parce qu’à ce jour, aucun syndicat, aucune ONG, n’a pu faire plier les instances, afin de palier au manque de scrupules de certains spéculateurs ou conseils d’administrations. Les preuves sont légions dans les articles de ce site.
    Le tout est de sensibiliser, afin de susciter le développement d’idées alternatives dans un but collectif. Idéalisme populaire permettant le souci et le scrupule des décideurs, tel une force de pression à l’instar des lobbies industriels.
    L’idée, est de réunir tous les altermondialistes, les opposants aux régimes impérialistes gérés par les puissants, les isolés, les exclus, les affamés, les expropriés de terres au nom du progrès, à qui les retombées économiques ne leur sont jamais restituées ; entre autres victimes de décisions unilatérales. De faire front, tel un seul homme agissant pour toutes les populations du monde. Ex :
    Une peuplade (humaine ou pas) et sa culture est menacée par l’implantation d’un site industriel, ou un barrage. L’organisation n’envoi plus quelques adhérents, mais des politiques et autres personnalités parmi une armé de contestataires, et les journalistes. Forçant les décisionnaires à choisir une solution alternative et plus juste. En menant des actions pacifiques, les populations spoliées ne le seront plus, car pourront bénéficier d’une aide internationale réelle. Pas comme un FMI qui n’a jamais réduit la faim dans le monde.
    Il nous faut, Humains, créer ce qui n’existe pas pour pouvoir survivre. Une telle force à immédiatement été crée au lendemain de l’avènement de l’ère industrielle, le nouvel ordre devra être capable de développer des solutions pour se débarrasser de ce qui nuit, et les imposer même si cela ne rapporte rien en termes numéraires.
    Un bureau, un président, un trésorier, et des adhérents…et c’est comme ça qu’est né un parti

  14. jean-luc dit :

    http://www.youtube.com/watch?v=25BE42PzZZc

    Cette vidéo est issue d’une émission de télévision US.

    Elle part de l’hypothèse que les clathrates situés dans le golfe du Mexique, auraient pu être déstabilisés par l’accident de la plateforme pétrolière de BP.

    Ceci étant, il faut savoir que les clathrates en zone arctique, sont déjà déstabilisés par le réchauffement planétaire, et que ceci va s’étendre tôt ou tard à toutes les réserves de clathrates du monde.

    Les clathrates sont des “cages de glace” contenant du méthane gazeux, issu du catabolisme de bactéries primitives vivant au fond des océans, en se nourrissant de matières organiques.

    Ces stocks de méthane représentent au bas mot entre 1.200 et 10.000 milliards de tonnes.

    Une fois libéré de ces cages de glace, le méthane va remonter et finir par s’enflammer comme un gigantesque feu follet, libérant de 3.000 à 24.000 milliards de tonnes de CO2 dans l’atmosphère.

    Les océans étant déjà saturés en CO2 de part nos émissions, il est peu probable d’espérer un délai avant de faire face à une extinction de masse… Car autant de CO2 aura forcément un impact sur les équilibres biologiques liés à la respiration.

    Cette vidéo et les travaux scientifiques sur lesquels elle s’appuie, confirment mes travaux sur la « stérilisation carbonique », mécanisme de grande ampleur d’interaction néfaste du CO2 avec la vie, pouvant entraîner une extinction de masse, en perturbant les mécanismes respiratoires à l’échelle planétaire.

    http://sosterrien.skynetblogs.be

    Un tel phénomène a eu lieu il y a 251 millions d’années et ceci correspond à la plus grande extinction d’espèce de l’histoire de la Terre, 90 à 95% des espèces aquatiques ayant été éradiquées, ainsi que 70% des espèces terrestres.

    Si vous pouvez traduire cette vidéo faites le svp, et diffusez la !

    Une solution technique existe pour nous éviter le pire.

    Il nous reste une chance…

    Saisissons la !

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