Energie / Climat | le 20 décembre 2012

#NDDL , un projet d’aéroport hérité du passé

Le projet d’aéroport est un héritage de passé qu’il faut, au plus vite, remiser au placard pour se tourner vers le réel avenir de la France en matière d’énergie et de transports.

mise à jour du 20 décembre :
Ce matin, des militants de Greenpeace ont accroché une banderole de 250 mètres carrés portant le message « Aéroport Notre-Dame-des-Landes : sa place est au musée » sur la pyramide du Louvre à Paris.

crédits : Nicolas Chauveau / Greenpeace

Notre-Dame-des-Landes : un projet conçu dans les années 60… pour les années 60!

Le projet d’aéroport est né d’une initiative de la DATAR (Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale) datant de 1967 dans le cadre de la politique de décentralisation menée à l’époque. Le site de Notre Dame des Landes est également envisagé pour l’accueil des supersoniques Concorde à la fin des années 60…

Il est intéressant de noter deux choses dans cet historique : d’une part, le Concorde ne vole plus, depuis 2003. La forte consommation de carburant de l’appareil a rendu non rentable son exploitation. De plus, le projet d’aéroport à Notre Dame des Landes a été suspendu entre 1974 et 2000 … Essentiellement en raison du choc pétrolier.

Indice de taille : deux fois, dans le paragraphe ci -dessus, le pétrole, énergie fossile par excellence, est venu remettre en question le projet d’aéroport. Hors, selon l’Agence Internationale de l’énergie, si l’on poursuit la tendance actuelle, le prix du baril sera à 145 dollars en 2030… De quoi avoir des doutes…

Pour un historique complet & fouillé de NDDL, lire le billet : Notre-Dame-des-Landes : un projet de 1967 pour répondre aux défis de notre temps publié par Pierre Deruelle.

Investissements d’avenir … Peut mieux faire !

Le projet Notre Dame des Landes, pour le moins dispendieux, devrait coûter 561 millions d’euros. Et ce ne sont que sont des projections. Aucun budget de retard ou de dépassement n’est envisagé … (même si l’histoire a maintes fois prouvé que les grands chantiers peuvent prendre du retard…)

Quant aux chiffres présentés par les pouvoirs publics sur la valorisation du projet … ils ont semble-t-il été largement manipulés. Comme le soulignait Hervé Kempf dans son enquête du 5 décembre, au moment de calculer la valorisation en euros des gains de temps permis par le nouvel aéroport, les sommes ont été multipliés par cinq. Sans cela, l’enquête coût-bénéfice aurait été négative.

NDDL est l’héritage d’une vision pharaonique des dirigeants qui semblent penser qu’un mandat réussi est celui où l’on a réussi à baptiser de grands projets… même s’ils sont inutiles !

Alors que la crise climatique est à notre porte, ce projet a pour conséquences d’accroître encore un peu plus notre dépendance aux énergies fossiles et cela alors que notre facture d’importation de fossiles explose (50 milliars d’euros en 2011) ! Ce sont autant de réductions d’émissions de CO2 que l’on réclamera aux citoyens pour atteindre malgré tout les objectifs que la France s’est fixée avec l’Union Européenne…

La transition énergétique, le voilà le projet d’avenir !

Cette transition est une nécessité.

Tous les signaux sont au rouge : fonte record de la banquise en Arctique, prévisions climatiques catastrophiques avec un réchauffement prévisible de 4 °C voire 6 °C. Même la Banque mondiale – institution peu réputée pour sa sensibilité écologique – tire la sonnette d’alarme.

Il est grand temps de réorienter nos investissements pour en dégager des financements en faveur de la transition énergétique, qui elle, est rentable pour la France, les emplois et la planète.

Notre-Dame-des-Landes est une aberration climatique et économique. L’aboutissement de ce projet ne réglera rien à la crise que traverse le pays mais en revanche il risque fort d’éteindre les dernières étincelles écologiques de ce gouvernement.

Nous avons choisi notre destin. Nous ne nous laisserons donc pas dicter une vision du monde qui n’est pas la nôtre” a déclaré le premier ministre Jean-Marc Ayrault dans une interview à Paris Match le 22 novembre dernier.

En effet monsieur Ayrault. Nous n’avons pas la même vision de monde et de l’avenir.
Alors que vous défendez des projets liés à une vision basée uniquement sur la croissance et le productivisme à tout crin, dans un monde où les ressources sont limitées , nous sommes partisans d’un avenir libéré de toute addiction aux énergies fossiles, porteur d’innovation et de compétitivité en matière d’énergies renouvelables et de transports …
Bref. En effet, nous ne partageons pas la même vision du monde.

24 avis pour “#NDDL , un projet d’aéroport hérité du passé”

  1. Mireille CABILLE dit :

    Les éoliennes dans la vallée du Rhône et le long des côtes françaises, les plaques photovoltaïques dans toute la France, les énergies de la mer utilisées toujours le long des côtes françaises , l’isolement des habitations , voilà des programmes bien plus ambitieux et fournisseurs d’emplois qu’un aéroport à 300 kms de Paris.

  2. vuaillat jean dit :

    en même temps que les idées d’un autre âge, il n’y a pas moyen de remiser les crocodiles au garage???

  3. Rio dit :

    Nous vivons sur la même planète mais nous ne sommes décidément pas du même monde !!!!!
    Je propose que notre “cher 1er ministre déménage à Notre Dame des Landes!!!!!

  4. Bordello dit :

    Je suis mille fois d’accord avec le propos de l’article et surtout avec la publication dans Libé dont le lien est la dernière phrase de l’article.

    Oui, nous avons le sentiment que le débat sur la transition énergétique n’est là que pour maintenir le système existant. Non, c’est pas pour ça qu’on a élu des socialistes, on les a élus pour qu’ils prennent des mesures justes et ambitieuses au niveau social et écologique, pas pour qu’ils se couchent devant les bétonneurs, les patrons pigeons, les aciéristes menteurs, les compagnies pétrolières gourmandes de gaz de schiste, les évadés fiscaux, le lobby nucléaire. On a pas élu ces gens pour qu’ils jurent leurs grands dieux de fermer Fessenheim alors qu’ils vont vendre des centrales à la Pologne, on ne les a pas élus pour qu’ils poursuivent le ruineux et inepte projet d’EPR, ni pour qu’ils essaient d’imposer par la violence un aéroport inutile et ruineux. Allo, il y a vraiment des socialistes au gouvernement?? Il doit y avoir erreur sur la personne non?

  5. Orél dit :

    No coment… Ecoeurant !

  6. Bordello dit :

    L’article de Pierre Deruelle est hilarant, allez le lire!!

  7. Christine dit :

    Membre du comité de soutien de la Presqu’ile Guérandaise en faveur des zadistes à NDDL mais aussi membre de votre association depuis de nombreuses années je ne peux que vous féliciter de votre action !
    Un grand MERCI à vous ! Je n’ai jamais douté du poids de vos démarches très courageuses !

    ON NE LACHE RIEN !!!

  8. Christine dit :

    Allez voir sur le cite de l’ACIPA …
    Une pétition signé ,( il est vrai , voilà plusieurs années) par Mr AYRAULT , AUXIETTE et d’autres de ses acolytes concernant la sauvegarde de zones humides au Carnet !
    Notre 1er ministre souffrirait- il d’amnésie ? Dame des Landes est un superbe domaine en zone humide !!!

  9. francois dit :

    excellent cette banderolle triangulaire ! C est une forme peu courante , mais bon faut bien s adapter au support ….

  10. patricia dit :

    j’ai déjà partagé cet article

  11. Nadine.Prado dit :

    Merci Greenpeace !

  12. Ernela dit :

    Donateur de Greenpeace depuis de nombreuses années je suis consterné par votre position concernant NDDL, position qui n’a jamais été précédée par un véritable débat concernant l’équilibre écologique du système aéroportuaire national. Plus grave. Vous faites référence à la position de Paul Deruelle dont l’article est un tissu d’erreurs qui démontrent sa méconnaissance du problème ( il suffit d’y lire que l’aéroport de Roissy fait 1400 ha pour réaliser le peu de sérieux du rédacteur). Et puis dans dans votre dernière publication de “La banniere” vous rendez hommage à une militante de l’Acipa. J’ignore sa responsabilité dans le dernier document de cette association. Mais c’est encore une accumulation de contre-vérités, certaines étant très grossières. Si vous avez des doutes, prenez connaissance du document que j’ai rédigé à ce propos et envoyé à des opposants à NDDL:

    “En 2012, vous avez peut-être reçu comme moi, militant écologiste, un document intitulé Diaporama, concernant Notre Dame des Landes et rédigé par l’ ACIPA .au nom de la coordination opposée à NDDL. Si vous l’ignorez ou l’avez oublié je vous le mets en pièce jointe.

    Il pose un problème grave. Comment, en prétendant défendre une cause honorable, une association peut-elle aligner autant d’omissions, d’erreurs voire de bêtises, dont certaines sont répétées depuis des années, sans même vérifier la réalité des faits avancés, alors que le diaporama est indiqué comme étant mis à jour ?

    Le plus navrant est que cette présentation fait état dans son en-tête d’une coordinations d’organisations qui lui ont fait confiance sans pou autant vérifier le bien fondé des affirmations.

    Examinons les points dans l’ordre du document:

    - L’évolution du trafic:

    L’ACIPA se garde bien d’analyser pourquoi, depuis le début de son combat, toutes ses prévisions de trafic passagers, ont été largement démenties par la réalité.

    Sa prévision pour 2012, dans son “dossier 2002″, se situait entre 2,2 et 2,4 M de passagers. 2012 va se terminer à 3,6 M soit une erreur moyenne de 57% !!. L’ACIPA énumérait avec conviction toutes les raisons d’une prévision modeste. Or l’aéroport de Nantes, comparé aux autres aéroports français est l’un de ceux qui a le mieux traversé les crises (11 septembre, hausse du pétrole, crise financière de 2008 et crise économique actuelle)! Ce qui dément aussi les prévisions plus pessimistes des autorités de l’aviation civile -d’ordinaire plutôt optimistes-…et les conclusions récentes de l’étude du cabinet Deft.

    L’ ACIPA avait alors changé son fusil d’épaule en considérant avec pertinence l’évolution des mouvements et l’occupation de la piste, voulant démontrer que si les avions étant de mieux en mieux remplis et de plus en plus gros, l’aéroport actuel suffisait pour accueillir un surcroît de trafic.

    Il est vrai que cette situation semblait se stabiliser, sauf qu’en 2011 la croissance du nombre d’avions a été de + 14%, 2 fois celle des passagers (+7,1%)
    C’est sans doute la raison pour laquelle le document de 2012 que vous avez reçu ne montre pas les résultats de 2011 ! Car il faudrait inscrire 45.494 mouvements d’avion dans le tableau, le chiffre le plus élevé du graphique, dont il ne faut pas se réjouir, mais qui contredit maintenant la prévision de décroissance ou de stabilité des mouvements d’avions.

    Quant à la saturation de piste et la comparaison avec d’autres aéroports à une piste elle n’a pas de signification si on ignore la nature du trafic.
    C’est simple: traiter l’occupation d’une piste avec une “règle de trois” durant 24 heures, c’est supposer que l’on peut répartir le trafic sur toute la journée. Ce qui est une erreur de raisonnement. Car tous les vols, pour la France et l’Europe proche, partent et arrivent quasiment dans les mêmes tranches horaires ( heures de pointe) et vous comprendrez que si on fait partir un Nantes-Marseille sur une piste déserte à 21 H on ne risque pas d’avoir beaucoup de clients !.

    En revanche sur des aéroports traitant de nombreux vols intercontinentaux, dans toutes les directions du globe, c’est à dire avec d’importants décalages horaires on aura des vols partant ou arrivant à des heures matinales ou tardives, parce que avec les décalages horaires cela correspond à des heures “acceptables ” à l’autre bout du vol… et la piste sera plus facilement “remplie”.

    Mais, de toute manière avoir deux pistes assure plus de souplesse pour la gestion simultanée d’atterrissages et de décollages. Cela rensd aussi leur entretien plus facile et moins onéreux en termes de moyens techniques, puisque l’on dispose de plus de temps disponible pour la maintenance.

    En continuant le diaporama L’ACIPA retient maintenant une surface aéroportuaire proche de la réalité après des années de confusion avec la surface d’enquête d’utilité publique. Mais pour avoir proclamé dans le passé “2000 ha bétonnés” à longueur de tracts (alors qu’il y en aura moins de 200 !), les 2000 sont devenus la surface “nécessaire à des équipements…” etc…

    Encore une invention. Car il suffit de vérifier pour s’apercevoir que en dehors des 940 ha du terrain aéroportuaire, 180 hectares suffiront pour réaliser les accès terrestres et, à propos de ” mesures agro-environnementales compensatoires”, l’ACIPA oublie toujours d’indiquer les 280 ha réservés à cet usage à l’intérieur des 940 ha de l’aéroport.

    Arrivons au “contexte défavorable” du au prix du pétrole. L’ACIPA persiste dans un pessimisme toujours contredit depuis 10 ans car insuffisamment fondé.
    Lorsque les compagnies aériennes demandent un supplément pour augmentation du carburant cela ne décourage pas les voyageurs. Ces compagnies ont déjà fait voler des avions au biocarburant . Au Canada on vient de faire voler un avion de ligne avec du carburant issu de la graine de moutarde. C’est sans doute scandaleux d’un point de vue gaspillage des ressources alimentaires ( et je vous suggère de signer la pétition contre les agro-carburants ici: http://www.peuples-solidaires.org/agrocarburants/). Mais il faut avoir conscience de ces alternatives avant de prédire la “fin de l’avion”. L’abandon provisoire de la taxe carbone sur le trafic international au départ d’Europe est encore un élément qui va en sens opposé d’un ralentissement inévitable, une prévision encore mal fondée.

    Quant à la perspective d’un transport ferroviaire Air France, c’est un bruit qui a couru…il y a 5 ans, et qui n’a jamais été confirmé. Comment expliquer que l’ACIPA si elle était une association sérieuse puisse ignorer cette réalité et colporter encore cette vieille rumeur cinq années plus tard ?

    Les terres agricoles. On peut certes regretter leur diminution. Mais là encore il faut raison garder. D’abord en se rappelant que si le bocage et les terres humides ont échappé au remembrement et à l’urbanisation, c’est paradoxalement grâce à la protection de la ZAD. Autrement il y a 40 ans qu’elles seraient drainées et remembrées ou urbanisées. Ensuite il faut se souvenir que les agriculteurs connaissaient depuis 40 ans le devenir de ces terrains et ont pris des risques en conscience. Pourquoi l’ACIPA n’indique nulle part que les 3/4 d’entre eux ont déjà trouvé un accord avec Vinci, que ceux qui se trouvaient trop amputés par l’aéroport ont reçu des offres de terrain à l’extérieur, et que les cultures restent possibles longtemps sur une partie d’un aéroport en exploitation.

    Le coût du projet. La déclaration la plus récente du syndicat mixte aéroportuaire annonce un coût total de 556 Millions dont 241 à la charge de l’ État et des collectivités locales, soit 43 % de dépense publique. Mais en regrettant cette participation publique, l’ACIPA omet d’indiquer l’existence, au profit des collectivités, d’une clause de partage des bénéfices et des produits de cession du terrain actuel.

    Et doit-on regretter qu’en participant au coût, les collectivités se donnent un droit de contrôle. Ne faut il pas au contraire regretter l’époque récente où tous les investissements aéroportuaires étaient publics. D’ailleurs en refusant, début 2012, la privatisation programmée de l’aéroport de Bordeaux, Alain Juppé – c’est le comble pour un “libéral”- a montré sa volonté de responsable public de rester maître de ce type d’investissement . Il est triste que ce soit un politique de droite qui défende une ligne de défense du service public, alors que des opposants à NDDL regrettent la présence dans l’investissement donc le contrôle de l’autorité publique.

    Les alternatives

    Procédure d’atterrissage. Il existe en effet des possibilités de “mieux atterrir” ( en” lisse”), tant que l’aéroport n’est pas saturé. Or il le sera de plus en plus aux heures de pointe(ce qui n’a rien à voir avec une occupation théorique étalée sur la journée). En revanche le principal danger aujourdʼhui se situe au décollage au-dessus de la ville de Nantes. Pourquoi conserver ce risque ? alors que la panne éventuelle au décollage aurait lieu, avec NDDL, au-dessus de terrains peu urbanisés.

    Favoriser le train. Oui pour des transports transversaux. Pas pour renvoyer du trafic vers un ciel parisien saturé qui déborde de nuisances, cette proposition est aberrante de la part d’associations écologistes qui prétendent défendre les économies d’énergie et défendre les riverains contre les nuisances aériennes. En 2011, environ 550.000 voyageurs du “grand ouest” ont utilisé le TGV prenant ou en quittant un avion à Roissy faute d’avoir, pour la plupart, des vols directs à partir d’un grand aéroport plus proche. Un coût et une pollution qui pourraient être évités.

    Rappelons également qu’en 2011, la majorité des 200.000 passagers qui ont fait un aller et retour par avion de Nantes vers Paris allaient chercher un vol qu’ils ne trouvaient pas à proximité. Encore des nuisances et des dépenses appelées à disparaître si un offre de vols directs se présentait à proximité. Des dépenses inutiles qui, totalisées sur cinq ans, sont du même ordre que le coût du nouvel aéroport !

    Aéroports en réseau.Une des plus grosses mystification de l’ACIPA. Les professionnels de la gestion aéroportuaire vous démontrent que cela ne fonctionne pas pour des tas de raisons techniques, commerciales et administratives. Deux exemples sont cités: le premier est faux car les aéroports parisiens n’ont jamais fonctionné en réseau. Le deuxième est une élucubration. Le réseau Aix Marseille n’existe pas et ne peut pas exister, car l’aérodrome d’Aix n’a aucun trafic commercial !! C’est la plus belle absurdité du document !

    Réorienter la piste. En fait un nouvelle piste exigerait un remaniement complet des infrastructures, de nouvelles expropriations et indemnisations à des niveaux de dépenses bien supérieurs à ceux de NDDL… avec, en plus, le risque de rapprocher les trajectoires de l’espace protégé du lac de Gran lieu.

    Logique dépassée ? Non seulement ce projet ne s’inscrit pas dans une logique dépassée, mais il répond à des exigences qui vont au-delà du développement régional argument principal évoqué par les élus locaux favorables à NDDL.

    Car c’est le développement des grands aéroports périphériques ouverts au trafic intercontinental dont la France a besoin. En le combinant avec la nécessité de faire disparaître des dizaines d’aéroports déficitaires . Par exemple, ne conserver en Bretagne que Brest et Nantes.

    De même que les Marseillais ne remontent plus sur Paris pour de nombreuses liaisons ouvertes vers l’Afrique et le Moyen Orient, il faut appliquer ce principe écologique à d’autres grands aéroports de province, afin de moins gaspiller d’énergie dans les “rabattages” vers Paris.

    La France est le seul grand pays d’ Europe à centraliser autant de trafic aérien dans sa capitale (presque 60% du trafic national passagers), tout en maintenant en activité des dizaines de petits aéroports budgétivores et la plupart du temps seulement utiles à une élite qui veut rallier Paris par avion.

    Le projet NDDL rentre donc bien dans cette logique environnementale d’un aménagement aéroportuaire équilibré du territoire où ne subsisteraient que les seuls grands aéroports nécessaires. Une économie considérable que l’on pourrait consacrer au développement de réseaux férrés régionaux qui font défaut..
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    Lorsqu’on observe tous les sigles qui patronnent la coordination on ne peut s’empêcher de penser que des leaders politiques , souvent bien éloignés de NDDL, mais avec des visées politiciennes, récupèrent sans état-d’âme des contre-vérités qu’ils n’ont même pas vérifiées.
    En outre ils ont trouvés des alliés très “désintéressés”, des pilotes du groupe Air -France, une compagnie dont le lobbying est centré sur l’ “approvisionnement” systématique de son hub parisien, grâce à des vols à partir d’aéroports du “grand ouest” (dont la quasi-majorité est déficitaire), vols souvent assurés par ces pilotes…associés complaisants contre le projet NDDL.

    Mais, ce faisant ils entraînent au casse-pipe, en toute désinvolture, des militants sincères alors que ce n’est pas eux qui prendront les coups des brutalités policières. Peut-on espérer de leur part un peu plus d’honnêteté intellectuelle ? Cela concerne surtout des élus écologistes qui depuis le début ont instrumentalisé le différent afin d’ acquérir des sièges d’élus. Des sièges qui amèneront sans doute certains d’entre eux à retourner leur veste s’ils risquent de s’en faire chasser par leurs alliés socialistes , bien mal récompensés de leur générosité !

    Dans toute cette affaire on doit se demander si on ne se fait pas gruger pour des intérêts qui n’ont rien à voir avec la défense de terrains agricoles ou de “zones humides”. Ce sont les seuls motifs respectables de ce conflit; mais ils restent insuffisants face à l’enjeu écologique posé par une décentralisation des liaisons aériennes internationales sur le territoire national. Un enjeu encore plus important que le seul objectif économique régional défendu par la plupart des promoteurs du projet.”

    Prenez la peine de contrôler ce que j’avance afin d’avoir une véritable réflexion sur le problème.

  13. pèrevert dit :

    Bravo Ernela pour ce long argumentaire, impressionant mais qui me parait hors sujet :le problème est l’augmentation du trafic en général, aérien en particulier.
    Si on lui fournit les bonnes données, genre conclusions du GIEC par exemple, un enfant de huit ans comprendra l’urgence de taxer les pollueurs de toutes sortes ( à minima de ne pas les subventionner !) et de s’unir pour une vie meilleure pour tous et une planète vivable et dons dénoncer durablement et fermement cette croissance qui ne profite et dont ne profite qu’une minorité et surtout qui met toujours davantage nos vies en danger…
    Le problème de savoir dans quel sens orienter la piste me paraît donc largement annexe, comme d’autres points sur lesquels vous vous étendez longuement.
    ordialement

  14. Yvan dit :

    Merci Ernela pour ces infos, qui permettent de mieux comprendre les enjeux de ce dossier, beaucoup plus complexe qu’il n’y parait. L’activisme a ses limites, et on a aussi besoin de sentinelles pour faire avancer les choses dans ce “monde de brutes”.

  15. Kaouenn dit :

    en réponse ( partielle ! ) à Perevert…,
    J’habite à proximité du lac léman, et suis un peu au courant des aéroports voisins. Je n’ai pas de chiffres sous les yeux pour les citer, mais je sais que l’aéroport Genève-cointrin n’est pas plus grand, voire plus petit que NA, n’a aussi qu’une piste et pour un trafic bien supérieur. Je ne crois pas que les Suisses se plaignent de quoi que ce soit concernant leur aéroport genevois. S’il y a des constructions en vue, c’est une meilleure liaison ferroviaire entre Genève centre et Annemasse et qui devrait permettre un désencombrement du trafic automobile des nombreux travailleurs frontaliers. Et là, sur le plan énergétique et co2, en plus de la diminution des bouchons, ce sera effectivement plus intelligent que se focaliser sur des aéroports supplémentaires.
    Et si les pilotes suisses se débrouillent parfaitement avec une seule piste et davantage de trafic, pourquoi en France n’en serait-on pas capable ?
    En restant en France, cette fois, mais toujours en Haute-Savoie, les montagnes créent des contraintes bien plus importantes d’atterrissage qu’en pays nantais, et cela se passe bien quand même , alors qu’on ne vienne pas dire que les atterrissages à NA sont dangereux et difficiles.
    Sinon, concernant les terres agricoles, ce qu’il pourrait rester à NDDL, en dehors de l’aéroport lui-même, serait truffé de routes, voies d’accès de train ou tram beaucoup plus qu’à NA, alors la valeur des cultures qui seraient encore faites là-bas…!
    Pour finir, je crois qu’il faut écouter ce qui se dit contre les GTI, grands travaux inutiles : toujours plus grand, plus couteux, toujours plus de béton, de pollution, de démesure et au final, de déshumanisation de l’environnement où nous vivons, où nous mettons des enfants au monde, et tout cela alors que la pauvreté et la précarité gagne du ..terrain (!) même en France. On veut ( enfin, y en a qui veulent ) plus d’aéroports, plus d’infrastructures prestigieuses, et à côté de cela, on n’a même plus assez de médecins !!!!! Elle est où la logique de la modernité et du progrès, là ?

  16. Kaouenn dit :

    Mille excuses à Perevert, c’est à Ernella que je répondais ! ;-)

  17. PIERRETTE dit :

    UNe réponse aux propos d’ENELA ,à lire sur POLITIS ,

    politis.fr ,

    la lettre de voeux adressée au président de la république ,en rapport avec NDL , par Thierry Masson

    Thierry Masson est pilote de ligne chez Regional ………………

  18. Marcheur dit :

    Bonjour à tous les commentateurs !
    Pour ma part, tout projet de nouvelle construction au coût pharaonique (on rembourse déjà la dette avec des emprunts…) et dépendant du pétrole en abondance me semble une mauvaise blague. Or, les plus courtes sont les meilleures. Peu importe, finalement, l’avantage à court terme pour la région (les études à ce sujet en matière d’emploi ne sont pas si optimistes non plus), cela augmente encore la demande du pays en carburants. Or, que nos politiques et concitoyens le veuillent ou non, ce sont bien ces carburants-là (sur lesquels se base toute notre économie) qui réduisent comme peau de chagrin. Tant d’oppositions au projet ne devraient pas laisser le gouvernement de marbre, nous restons dans une démocratie. Je donne mon avis en partant des finances publiques, et je ne vous apprend rien en vous disant qu’elles n’ont pas besoin de cela. A moins que la commune ne finance le tout elle-même, absolument seule, sans le moindre apport étatique – impossible. Comment faire respecter la règle d’Or budgétaire du Pacte européen (dont je ne chante pas les louanges, simple observation à froid) dans ces conditions ? Cette question taraude les prof-essionels du droit. Comment mettre les collectivités “au pas” ? ça commence mal.

  19. HUREAU mireille dit :

    pharaoniques ces projets..il faudrait revenir à une dimension plus humaine de la vie et de ses besoins..
    pharaonithe ,gestionnithe ,financiaronithe ,toutes maladies modernes qui se soignent difficilement. alors?

  20. Reynaud Jean dit :

    Un déficit de démocratie!

    Ma réflexion ne porte pas sur l’opportunité du projet, mais sur l’absence de processus démocratique qui n’a pas évolué en France depuis 1789!

    En effet, à la lecture des différentes étapes, on peut constater que les procédures publiques réglementaires obligatoires concernant cet aéroport ont été respectées :
    les premiers projets, datent des années 1960, et comprennent une étude de 9 sites potentiels;
    dès 1974, une procédure de Zone d’Aménagement Différé permettait à l’Etat d’acheter les biens mis en vente dans cette zone, entrainant déjà des réactions de déception et d’hostilité transcrites dans le livre : “dégage, on aménage!”  de J. De Legge et R. Leguen
    en 2003, un débat public, animé par la Commission Nationale du débat Public a permis de recueillir plus de 1000 avis et à 7000 personnes environ de participer aux différentes réunions de consultation;
    l’enquête publique de 2006, avec 7 commissaires-enquêteurs dont 2 n’ont pas avalisé le projet, a fait l’objet d’une analyse en profondeur du dossier et a entrainé la déclaration d’utilité publique (DUP) de 2008; attaquée sans succès auprès du conseil d’État par les communes et les associations ainsi que la concession confiée à Vinci la réalisation de l’ouvrage.

    De fait, si les différents stades de la consultation ont permis à chacun de s’exprimer, si la procédure semble avoir été appliquée correctement, il manque alors une étape essentielle pour qu’il y ait vraiment concertation.
    Pour cela il faudrait que les diverses parties concernées bénéficient chacune de pouvoirs équivalents et que l’État ne soit plus omnipotent, qu’il ne puisse plus être seul à prendre les décisions et qu’on puisse lui imposer une décision contraire à son objectif.

    L’avant-projet de loi sur la décentralisation et la réforme de l’action publique qui prévoit, à l’article 8, une modification du droit de pétition, devrait être transformé en droit de RÉFÉRENDUM D’INITIATIVE POPULAIRE, systématique à la fin de chaque débat public et à la demande de dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales pour des projets communaux, et d’un vingtième des électeurs dans les autres collectivités territoriales, et que les décisions, prises à la majorité des votants, s’imposent aux pouvoirs publics.
    Ce type de consultation n’a rien de révolutionnaire et il se rapproche du processus suisse de consultation : les votations, qui permettent réellement de choisir les projets présentés.

    Son application, en avant-première, au projet d’aéroport de Notre Dames Des Landes, permettrait au citoyen enfin d’exercer directement son pouvoir de décision.

    Jean Reynaud
    Docteur d’Université

  21. Giannino dit :

    Comment se fait-il qu’aucun média ne relate cette banderole alors que l’on nous bassine avec les turpitudes d’un acteur qui n’est qu’acteur.

  22. lecourbe dit :

    Bravo à ernella qui prend le temps (et le notre) pour reprendre les arguments des bétonneurs ,donnons lui la friandise appropriée .

  23. ernela dit :

    Merci à Greenpeace, malgré une position un peu rapidement tranchée , de permettre un débat assez serein.

    @ pèrevert
    Bien d’accord avec vous…mais refuser un aéroport ne règle pas le problème si une partie du trafic, qu’il ne peut ou ne pourra pas absorber, est transféré ailleurs, en l’occurrence surtout à Paris. Freiner le développement du transport aérien est un problème complexe. En trafic intérieur on pourrait effectivement faire mieux.
    Mais s’agissant du trafic intercontinental (non subventionné) on se heurte à deux évolutions:
    - un développement intercontinental inévitable (et n’utilisant pas de liaisons terrestres), car conséquence de la croissance de pays émergents dont les agents économiques ont de plus en plus des envies irrépressibles de commerce et de tourisme avec l’Europe.
    – une appétence grandissante de la clientèle locale ( même modeste, comme le montre par exemple l’examen détaillé du trafic nantais) pour des horizons lointains mêm si le budget impose une courte durée. Inciter à la “décroissance”, pour ce besoin d’évasion de ce type de voyageurs, me semble difficile voire impossible. Et beaucoup d’intellectuels donneurs de leçons à NDDL ne sont pas les derniers à parcourir fréquemment le monde ( et pas seulement en bateau !), avec l’excuse éventuelle de colloques ou de “journées mondiales”. Et ceci à partir d’une capitale dont ils augmentent donc la pollution sans scrupules, sans se soucier des nouveaux besoins d’infrastructures qu’ils vont générer à cet endroit !
    A partir de ces deux constats se pose donc bien le problème d’une répartition équitable ( un mieux-disant écologique en terme d’économies d’énergie et de nuisances) sur le territoire.

    @ Kaouenn
    Deux éléments de réflexion:
    - l’aéroport de Genève a la structure de trafic d’un aéroport au trafic intercontinental important, donc une occupation de piste beaucoup mieux répartie et d’autre part un système d’entretien de piste très sophistiqué facilitant l’usage d’une piste unique.
    - A force d’exagérations voire de mensonges on a installé l’image d’un aéroport “pharaonique”. C’est totalement faux et la baudruche se dégonfle ( pour le vérifier consultez les explications successives de l’ACIPA concernant les surfaces impliquées)

    @Pierrette
    Il suffit d’écouter la déclaration du même pilote sur daily-motion pour comprendre qu’il ne suffit pas d’avoir des galons et des heures de vol pour comprendre le contexte économique et la gestion aéroportuaire. En particulier ses déclarations sur les pistes de NDDl, la pénurie énergétique et les low-costs démontrent beaucoup d’ignorance ou de prévisions “au doigt mouillé” ( n’oubliez jamais que le projet contrarie la stratégie d’Air-France…employeur du pilote en question).

    @ Jean Reynaud
    Vous avez raison de récapituler les étapes de la discussion, car beaucoup les ont oubliées, et de vous interroger sur le déficit démocratique.
    J’apporterai toutefois deux nuances:
    - vous ne parlez pas de la contre-expertise indépendante obtenue en 2003 par les opposants. Le cabinet Cosynergie a repris toutes les hypothèses de prévision, de maintien sur l’aéroport actuel et de choix d’un autre emplacement ( en faisant la comparaison fouillée de 8 sites) . Et bien que son analyse n’ait pas anticipé l’impacte réel des low-costs, ses conclusions étaient pour l’essentiel conformes à celles de l’administration. Et les opposants ne parlent pratiquement plus de cette étude.
    - depuis la DUP il y a eu des scrutins locaux où la position de candidats concernant NDDL n’étaient pas dissimulées. Les observateurs en ont conclu que, localement, il n’y avait pas d’opposition générale et incontestable au projet ( ce qui aurait été prouvé par le vote massif envers un ou des candidats opposés au projet).

    Mais faire un referendum aujourd’hui, dans une ambiance où symboles et slogans ont été tellement martelés, au point d’enlever toute rationalité au débat, serait-ce un exercice probant ?

  24. Kaouenn dit :

    @Ernella ;
    “- l’aéroport de Genève a la structure de trafic d’un aéroport au trafic intercontinental important, donc une occupation de piste beaucoup mieux répartie et d’autre part un système d’entretien de piste très sophistiqué facilitant l’usage d’une piste unique.” Ce qui explique donc que les Suisses s’en sortent très bien avec leur aéroport de taille modeste. Mais en France, on se serait pas capable d’être aussi performants techniquement en cas de besoin ?
    Sur un autre plan, j’estime totalement immoral, indécent qu’un gouvernement socialiste prenne la suite, dans ce domaine, du gouvernement de droite précédent ( après avoir annoncé le changement ! ), et fasse du trafic d’accords financiers avec le BTP milliardaire Vinci et qu’en fait, toutes les raisons économiques, écologiques, les manifestations, les oppositions multiples soient traitées par le plus grand mépris.
    C’est quoi, la démocratie, en France ??
    Je suis bien d’accord avec ce que dit Jean Reynaud !


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