Nucléaire : une industrie en faillite

Contrairement aux idées reçues, le secteur du nucléaire est aujourd’hui en situation de quasi faillite économique. Les récents rebondissement autour de la situation désatreuse d’Areva ne doivent pas faire illusion. Il ne s’agit pas d’un acteur mal géré ou en crise passagère : c’est toute une industrie qui se trouve aujourd’hui dans l’impasse. C’est ce que démontre une nouvelle étude publiée par Greenpeace. Les chiffres sont accablants.

Le nucléaire n’a plus d’avenir

Areva cumule plus de 7 milliards de pertes. EDF doit faire face à un endettement intenable : plus de 34 milliards d’euros. Et il lui faut trouver 110 milliards d’euros pour prolonger son parc de centrales vieillissantes. Pas dans ses moyens, tout simplement.

Situation d’autant plus compliquée qu’il n’y a pas de relai à l’international, à l’inverse de ce que nous vend l’énergéticien français pour donner l’illusion d’une stratégie commerciale. D’une part, le marché mondial du nucléaire se rétracte, d’autre part, l’équipe de France y fait bien pâle figure : elle n’a exporté que 2% des réacteurs en fonctionnement hors de nos frontières. Et ce n’est pas le fiasco des EPR, où s’accumule retards, surcoûts et failles de sûreté, qui risque de changer la donne.

Ailleurs, les renouvelables prennent la relève

Au contraire, l’investissement dans les énergies renouvelables (ENR) est en plein boum. Mais ailleurs, pas chez nous. En développant les ENR trois fois moins vite que nos voisins européens, nous restons dangereusement en retard sur la transition énergétique amorcée – voire bien avancée – dans de nombreux autres grands pays industrialisés. En effet, plus de 22% de l’électricité mondiale est produite par les ENR, quand le nucléaire n’en représente que 10%. Et les investissements dans les renouvelables sont 15 fois plus importants que dans le nucléaire.

Centrale nuclŽaire de Cruas-Meysse
© Micha Patault / Greenpeace

Pourquoi ce blocage dans l’hexagone ? Parce que le secteur du nucléaire français, où s’entremêlent intérêts politiques et économiques, agit comme un verrou puissant sur la promotion des énergies renouvelables. En réalité, le nucléaire se rêve encore comme une énergie du futur : il ne laissera pas sa place facilement.

Un gaspillage coûteux pour les Français

Il y a pourtant urgence à agir rapidement pour opérer une bifurcation vers des énergies économiquement compétitives. Car toute la gabegie que représente un secteur moribond, artificiellement soutenu par l’Etat pour des raisons qui n’ont plus rien à voir avec l’intérêt général, ce sont les contribuables et les consommateurs qui les payent, soit à l’achat, soit par leurs impôts. Car aujourd’hui, les coûts de production de l’énerie nucléaire ne cessent d’augmenter et la dynamique n’est pas prête de s’inverser. Alors que partout les ENR font preuve de leur efficacité et se révèle riches d’emplois nouveaux à pourvoir, s’arcbouter sur une énergie chère en plus d’être dangereuse relève donc aujourd’hui de l’inconséquence sociale et politique.

Une question de volonté politique

Car tout est question de volonté politique dans cette affaire. L’Etat possède majoritairement les énergéticiens français. C’est lui qui leur donne leurs prérogatives, imprime leur feuille de route. C’est donc à lui de réorienter la filière vers le démantèlement des centrales et la promotion des ENR s’il souhaite éviter un naufrage industriel.

Site NuclŽaire de Bugey

Cela tombe bien, François Hollande s’est engagé à réduire la part du nucléaire à 50% dans le mix électrique français. C’est d’ailleurs ce que prévoit la loi sur la transition énergétique. Reste à la mettre en oeuvre concrètement. Alors que la COP21 se profile à la fin de l’année, François Hollande doit donc prendre ses responsabilités et ne pas laisser le lobby nucléaire nous faire croire que l’atome serait une solution face au réchauffement climatique. Ce serait une catastrophe pour le pays : écologique certes, mais également économique et sociale.

Faire pression

Ainsi, pour nous aider à maintenir la pression sur les décideurs politiques, n’hésitez pas à partager notre décryptage des mythes économiques du nucléaire autour de vous, par mail ou sur les réseaux sociaux.

Afin d’éviter des choix aveugles à l’avenir, il est temps de rétablir la vérité des faits.

Vos commentaires

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9 commentaires pour « Nucléaire : une industrie en faillite »

1000% d'accord ; j'ajouterai que le courage n'étant pas la caractéristique première du personnel politique lorsqu'il s'agit d'arbitrer entre l'intérêt général et celui des lobbies, la solution ne viendra que grâce à l'engagement citoyen...

Bonjour,

moi je dis qu'il faudrait mettre un anti nucléaire par jour sur un vélo pour qu'il produise l'electricité :

Combien de Robert pour dorer une tranche de pain

https://www.youtube.com/watch?v=S4O5voOCqAQ

, combien de cyclistes pour prendre une douche

https://www.youtube.com/watch?v=C93cL_zDVIM

source : https://fr-fr.facebook.com/jeanmarc.jancovici

l'abaissement à 50% d'énergie renouvelable est déjà une concession de l'état aux lobbies. L'ADEME a sorti un rapport montrant qu'il était tout à fait possible de s'affranchir du nucléaire à l'horizon 2050 avec une production 100% nucléaire.
Malheureusement, la sauvegarde du parc nucléaire promet de juteux contrats pour les grandes entreprises françaises bien implantées dans le milieu politique. L'EPR de Flamanville est réalisé par Bouygues TP par exemple.
A cela, on nous fait miroiter une augmentation importante du prix de l'électricité, qui a toujours été faible en France en comparaison à nos voisins. Eux, n'ont eu d'autres choix que de passer aux ENR mais dans les pays Nordique, l'énergie est chère aussi afin d'alléger les charges salariales. La production d'énergie et son cout sont des enjeux sociétaux.

Effectivement, il n'y aurait pas de tels debat sans lobbies et interets personnels. Une veritable politique qui mettrait en avant l'interet humain conserverai du nucleaire sa partie utile pour l'humanité : la recherche, la mesure et le médical. Seuls domaines où, il me semble, il apporte un complément à ce dont l'être humain "pourrait" avoir besoin pour sa survie !
les autres domaines étant principalement économiques, ne servant qu'à conforter nos erreurs du passé. Oui, le nucléaire énergetique n'est ni le futur de la planète, ni le futur de l'Europe (encore moins de notre belle France). Soyez réaliste, le futur c'est notre survie, celle de notre descendance, je ne pense pas que notre survie soit assurée grace aux décisions et aux choix des lobbies et de ceux ayant des interets personnels dans cette aventure : Ce n'étais pas l'objectif d'Henri Becqurel, encore moins celui de Marie et Pierre (Curie).
Notre avenir ne passe pas uniquement par le nucléaire, ouvrez les yeux et les oreilles, la nature existait avant nous, certes grace à la radioactivité, maisne détruisons pas tout, à cause d'une politique hasardeuse.
Sincèrement !
Effigie

Ce que disent les statistiques les plus récentes :

- la part du nucléaire est passée de 15,1% en 2005 à 10,8% en 2014 dans la production d'électricité mondiale (16,9% en 2001),

- la part des énergies renouvelables est passée de 18% en 2005 à 22,5% en 2014,

- les énergies renouvelables produisent deux fois plus d'électricité que le nucléaire,

- la croissance la plus rapide est celle du solaire, suivi par l'éolien.

http://energeia.voila.net/electri2/electricite_nucleaire_renouvelable.htm

Très visible sur les graphiques qui synthétisent les statistiques.

Le solaire, photovoltaïque et thermodynamique, pourrait être la première source de production d'électricité dans le monde en 2050, selon l'agence internationale de l'énergie.

Qui va croire que le gouvernement actuel va réduire de 75% actuel à 50% en 2025 la part du nucléaire dans la production d'électricité française ?

Voyons les choses de plus près.

http://energeia.voila.net/nucle/ambiguite_nucleaire.htm

Comme la consommation d'électricité reste assez stable depuis plusieurs années et ne risque pas d'augmenter dans les dix années à venir, il faudrait supprimer un tiers des réacteurs nucléaires.

Mais il faudrait développer rapidement les énergies renouvelables et le stockage, ce qui est loin d'être le cas depuis trois ans.

Fini le nucléaire, vive le charbon!

Le charbon est aussi dangereux , poussière de charbon éboulement dans les mines . Il émet
des particules dans l'atmosphère . Un jour les énergies s'épuiseront .

il manque un mythe tjrs actuel (Montebourg, Valls, etc) : l'INDEPENDANCE énergétique de la Frrance! Pas un gramme d'uranium est national : TOUT est importé du Niger, Canada, etc dans des conditions d'exploitation lamentables (voir Criirad)...

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