Canada : Greenpeace escalade la tour de Calgary pour réclamer la séparation État – Pétrole
Au matin du 3 août 2010, Greenpeace a délivré son message sur un des symboles de la région de l’Alberta, en suspendant une immense bannière de 8 par 15 mètres sur la Tour de Calgary. La bannière se trouvait sur la face nord de la tour, visible de tout le centre-ville. Portant l’inscription « Separate Oil and State » (Pour la séparation de l’État et du pétrole), elle soulignait le besoin rapide de rompre les liens trop étroits qui unissent l’industrie polluante des sables bitumineux et les gouvernements fédéral et provincial.

Dénoncer le pétrole sale
Un drame environnemental se déroule dans la région de l’Alberta : l’extraction des sables bitumineux.
Cette exploitation a des conséquences catastrophiques pour l’environnement, le climat et les populations autochtones. Les sables bitumineux contiennent des hydrocarbures mélangés à du sable, de l’argile et de l’eau. Les exploiter est la façon la plus sale, la plus chère et la plus énergivore de produire du pétrole. La production d’un baril issu de ces sables nécessite 5 barils d’eau, un demi baril de gaz et émet jusqu’à cinq fois plus de gaz à effet de serre que la même quantité de pétrole conventionnel.
A moins que les gouvernements canadiens (local et fédéral) n’arrivent à tenir tête à l’industrie pétrolière, les émissions de gaz à effet de serre vont continuer d’augmenter. Davantage d’animaux sauvages vont mourir, encore plus de citoyens vont être empoisonnés par l’air qu’ils respirent et l’eau qu’ils boivent, et les droits des Premières nations, conférés par traités, seront violés. Tout ça pour une quête absurde, pour le profit à court terme, visant à siphonner jusqu’à la dernière goutte le pétrole sale et difficilement exploitable de cette province.
Compagnies pétrolières et gouvernement canadien : des relations incestueuses
À la veille de la rencontre des premiers ministres au Conseil de la fédération qui aura lieu à Winnipeg du 4 au 6 août prochain, Greenpeace a mis en garde le premier ministre de l’Alberta, Ed Stelmach et les autres chefs politiques.
Les Canadiens sont de plus en plus conscients des relations de proximité dont bénéficient les compagnies pétrolières, qu’elles exploitent à leur avantage en surveillant et régulant elles-mêmes leurs activités. En effet, de nombreux dirigeants de l’industrie pétrolière travaillent ou ont déjà travaillé au sein du gouvernement régional de l’Alberta.
Greenpeace et d’autres groupes environnementaux ont pointé et rendu public des rapports d’incidents liés à l’exploitation des sables bitumineux par les compagnies pétrolières et les risques sur la faune et la flore. Ces rapports sont la preuve que les compagnies ne peuvent s’auto-réglementer et que le gouvernement de l’Alberta ne parvient pas à contrôler cette industrie polluante, ni à appliquer ce qui devrait être une réglementation stricte en matière de sécurité.
Il est temps de faire le choix des énergies renouvelables
La destruction environnementale dans cette région constitue un sinistre rappel du désastre dans le Golfe du Mexique. Les multinationales du pétrole ne font que souscrire en paroles aux impératifs de sécurité  : en réalité, leurs choix et leurs actes se font au détriment des vies des employés et des riverains.
Permettre à l’industrie pétrolière de dicter les règles est irresponsable. Les gouvernants doivent, au Canada, et ailleurs, comprendre que l’avenir est dans l’efficacité énergétique et dans les énergies renouvelables et écologiques.
En savoir plus :
Sur le pétrole non conventionel : les sables bitumineux
La campagne sur les sables bitumineux sur le site de Greenpeace Canada (français)
Génial les gars ! on là che rien no surrender !
La situation écologique de la planète s’est considérablement détériorée. Le réchauffement climatique et la préservation de la biodiversité sont devenus des enjeux d’importance politique.
En clair, la première initiative à prendre est l’abandon progressif des carburants fossiles et leur remplacement partiel, par des énergies renouvelables et, en complément, nous devons apprendre à faire, avec moins d’énergies. Pour Elise Buckle, chargée de campagne climat au WWF France, ”au G8/G20 au Canada, on a parlé de taxe sur les transactions financières, mais cette taxe ne doit pas seulement servir à renflouer les banques, ou les caisses des Etats, mais bien à investir dans les biens publics mondiaux (la santé, le développement, le climat), à investir dans l’avenir de notre planète”. Endettement massif et marée noire plaident en faveur d’un basculement financier et énergétique des vieux pays industriels, en quête d’un second souffle.
BP est en crise. Il doit changer de stratégie. Espérons que le nouveau responsable, Bob Dudley, mettra les financements nécessaires pour réaliser la réorientation énergétique que le monde attend. Au total, l’équivalent de cinq millions de barils – près de 800 millions de litres – de pétrole se sont déversés dans le golfe depuis l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon et la fuite du puits Macondo. Il reste aussi fort à faire pour nettoyer les 960 kilomètres de littoral en Louisiane, Mississippi, Alabama et Floride. Jusqu’à dimanche dernier, BP et le gouvernement y avaient ramassé 35.818 tonnes de résidus de pétrole. La question de l’impact environnemental de la marée noire, et notamment de celui des produits chimiques utilisés pour la disperser, demeure entière.
Pour Greenpeace, “Il est temps de faire le choix des énergies renouvelables. Permettre à l’industrie pétrolière de dicter les règles est irresponsable. Les gouvernants doivent, au Canada, et ailleurs, comprendre que l’avenir est dans l’efficacité énergétique et dans les énergies renouvelables et écologiques”.
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