Energie / Climat | le 3 janvier 2013

Les projets de forage de Shell tournent (encore…) au cauchemar

Exploiter des forages pétroliers en Arctique est vraiment une très mauvaise idée. Nous en sommes persuadés.

Et s’il était encore besoin de le prouver le Kulluk, une plateforme de forage de Shell, s’est échouée dans le golfe d’Alaska. Après une saison de forage infructueuse, le vieux rafiot rentrait au port lorsqu’il s’est trouvé confronté à une série de difficultés qui l’ont laissé à la dérive.

Tous droits réservé. Credit: US Coast Guard

Jeudi 27 décembre 2012, le Kulluk était en train de se faire remorquer par l’Aiviq (le tout nouveau navire de Shell à 200 millions de dollars), lorsque la tempête s’est déchaînée sur la mer de Béring. Une corde de remorquage a rompu. La plateforme était livrée à son sort.

Plus qu’un sauvetage, une épopée rocambolesque

Les jours suivants, l’Aiviq a effectué plusieurs tentatives de rallier le Kulluk, en vain, gêné par une mer agitée et des vents atteignant les 120 km/heure.

Samedi, l’équipage du Kulluk a été évacué par hélicoptère par les garde-côtes américains, et la plateforme a dû jeter l’ancre pour ralentir sa dérive vers les côtes. L’amarre du remorqueur a pu être rétablie à deux reprises, mais a cédé à chaque fois. Lundi soir, la plateforme, livrée à elle-même, s’est échouée sur l’île Sitkalidak, près de l’archipel Kodiak.

Le Kulluk transporte 600 000 litres de diesel et environ 50 000 litres d’huile de graissage et de liquide hydraulique. Pour l’instant, aucun déversement n’a été observé.
Un responsable qui a participé à l’opération de sauvetage, s’exprimant sous couvert d’anonymat, tire pourtant le signal d’alarme : “Nous ne pouvons pas connaître les dégâts. Il fait trop sombre. Le temps est épouvantable.” Shell et les gardes-côtes se demandent désormais comment ramener la plateforme à bon port, mais les conditions climatiques extrêmes leur compliquent la tâche.

2013. Et si Shell prenait (enfin) de bonnes résolutions ?

Nous connaissons déjà les conséquences terribles des marées noires en Alaska.
En 1989, l’Exxon-Valdez s’était échoué sur le récif de Bligh, déversant des centaines de milliers de barils de pétrole dans le détroit du Prince William. Des centaines de kilomètre de côtes avaient été souillées, et des milliers d’oiseaux, d’otaries, de phoques et d’orques englués. Encore aujourd’hui, les effets de cette marée noire se font sentir dans la région.

Malheureusement, Shell ne semble en avoir cure. En Arctique, la compagnie anglo-néerlandaise persiste et signe dans les erreurs et les accidents : bateaux de forage échoués sur la plage, moteurs en feu, échec aux inspections de sécurité, équipements de confinement écrasés comme de vulgaires “boîtes de conserve”…

Shell affirme avoir un plan d’intervention “de classe mondiale” en cas de marée noire en Arctique. Mais après l’épisode rocambolesque du Kulluk, qui a encore envie de croire que la compagnie pétrolière est capable de forer en toute sécurité dans l’un des environnements les plus extrêmes de la planète ?

Ce pari est ridicule. En 2013, il est temps que Shell prenne enfin les bonnes résolutions qui s’imposent : mettre un terme à tout projet de forage et sauver l’Arctique !

Toutes les actualités de la campagne Save The Arctic

18 avis pour “Les projets de forage de Shell tournent (encore…) au cauchemar”

  1. Patrick dit :

    Shell considère qu’un accident ça se répare (et ils ont un plan !), alors que nous pensons qu’un accident ça ne devrait pas arriver du tout.
    Alors qu’il semble qu’ils ne maitrisent pas grand chose..

  2. Francine dit :

    « L’humanité ne consentira à marcher droit qu’après avoir essayé toutes les manières de marcher de travers ».
    (Lobsang Rampa) C’est triste à dire, mais les erreurs funestes de ce genre donnent raison à cet écrivain.
    On n’est pas sorti du bois!

  3. francois dit :

    tout ceci amene un seul echappatoire: que Shell (et les autres compagnies) abandonne ses projets de forages petroliers ou gaziers dans l Arctique. Avec cet argent economise, que Shell (et les autres compagnies) investissent dans les energies renouvelables, en particulier les eoliennes en mer et les champs solaires.
    Par ailleurs j espere que l US Coast Guard examinera avec rigueur les eventuelles infractions maritimes commises par les strateges de Shell, notamment celles des procedures de remorquage sous ces hautes latitudes.

  4. PAPY27 dit :

    POT DE TERRE CONTRE POT DE FER, SANS VERSER DANS LE PESSIMISTE, la partie me semble perdue d’avance!

  5. Jose dit :

    Bonjour,

    La soif d’hydrocarbures est tellement grande que tous les moyens seront mis en oeuvre pour le trouver et l’extraire.
    J’ai lu un excellent livre paru chez Pocket ”Le monde en 2025” qui est assez édifiant sur ce qui nous attend.
    L’exploitation des gaz de schiste qui était un sujet tabou, ne l’est plus depuis que le Canada et les Etats-Unis ont décidé de franchir le pas.
    Grâce à cela, les Etats-Unis seront à court terme auto suffisants et envisagent de devenir exportateur.
    De tels résultats viennent à bout des plus belles et des plus fermes résolutions.
    En France, même si les réticences sont encore relativement vivaces, le sujet n’est déjà plus vraiment celui qui fâche.
    De quoi craindre, à terme, de voir des exploitations mutiler les paysages, polluer les rivières et nappes phréatiques.
    Quand on sait qu’un pays est en réalité dirigé par les groupes financiers et les lobbystes, il peut paraître utopique de croire que la France, tôt ou tard, ne cédera pas à la tentation.
    Arcelor Mittal en est un exemple récent et significatif.

    José

    http://www.espace-livres.com
    http://www.facebook.com/pages/espace-livrescom/501584239872904

  6. fred dit :

    @José tu a tort sur l’indépendance énergétique américaine, cherhce mieux sur la toile pour trouver combien les schistes sont un leurre…

    citation : “Malheureusement, Shell ne semble en avoir cure”

    ça étonne qui ?

  7. fred dit :

    NO GAZARAN !!

  8. fred dit :

    @tou-te-s

    http://videos.arte.tv/fr/videos/joe-strummer–7161356.html

    légal et gratuit, pour se faire une idée de l’”humanisme moderne”

  9. Jose dit :

    Bonjour Fred,

    Je ne dis pas que les gaz de schiste sont la panacée, la solution à tout, pourtant cette technique si décriée est mise en oeuvre un peu partout dans le monde au grand dam de l’environnement, bien sûr.

    Pour ma part, je te conseille de lire Allternatives Internationales de juillet 2012.

    Ce numéro traite de la ” Guerre des matières premières” et tu pourras y lire entre autres que ” Les Etats-Unis auraient de quoi couvrir ses besoins énergétiques en gaz naturel pendant plus de 100 ans.

    Leur taux d’indépendance actuel est de 70%.

    Tu peux aussi lire deux articles dont voici les liens:

    http://espace-livres.com/les-sables-bitumineux-producteurs-de-petrole-sale

    http://espace-livres.com/est-ce-ecologique-dautoriser-lexploitation-des-gaz-de-schiste

    Maintenant, soyons bien d’accord que l’exploitation des gaz de schiste est extrêmement coûteuse et plus polluante que l’exploitation conventionnelle mais tout cela s’inscrit dans un plan de très large envergure portant sur plusieurs décennies.

    Amicalement

    José

  10. Jose dit :

    Fred,

    Une dernière précision concerannt l’indépendance énergétique des Etats-Unis.

    Voici un texte datant du 12 novembre dernier qui est on ne peut plus explicite.

    Lundi 12 novembre, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a prédit que les Etats-Unis deviendront le premier producteur mondial de pétrole de la planète vers 2020, un bouleversement du paysage énergétique lié à l’essor des hydrocarbures non conventionnels, gaz et pétrole de schiste. Le Graal de “l’indépendance énergétique”, un objectif longtemps considéré comme inatteignable, serait désormais bel et bien en vue pour les Etats-Unis, avance même l’AIE, dans la dernière édition du World Energy Outlook, sa grande étude prospective annuelle.

    Source; http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/11/14/ou-en-est-le-debat-sur-les-gaz-de-schiste-en-france_1790365_3244.html

    Amicalement

    José

  11. fred dit :

    José,

    la raison de notre opposition aux gaz et pétroles de schiste n’est pas de vouloir empécher l’indépendance énergétique des USA, bien qu’il ne soit pas du tout prouvé que les chiffres annoncés soient vrais…

    http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/developpement-durable-1/d/gaz-de-schiste-fracturation-hydraulique-pourquoi-tant-de-craintes_43251/

    … c’est la pollution des nappes phréatiques, les milliers de litres d’eau employés, les ballets continuels de camions, qui motivent notre refus de voir ces techniques employées.

    Voyez vous de quoi il s’agit ?

    http://blogs.mediapart.fr/files/Corinne%20N/extraction_gaz_de_schiste_wyoming2.jpg

  12. fred dit :

    NON !

    il ne s’agit pas du retour à la bougie, je vous en prie un peu de sérieux..

  13. Jose dit :

    Fred,

    Si les EU atteignent l’indépendance énergétique ce ne sera qu’au détriment de la nature. Cela est un fait indéniable. Et ils l’atteindront grâce aux gaz de schiste.

    Il faut aussi bien comprendre l’effet boule de neige que cela peut engendrer. Le mauvais exemple donné par les Etats Unis peut faire naître bien des projets et des envies.

    Par ailleurs, je suis parfaitement conscient de la mutilation et de la dégradation de l’environnement de par cette technologie.

    Je suis, par principe, opposé à de telles industries qui en se multipliant anarchiquement risquent de faire ressembler la planète à un gigantesque chantier.

    C’est le but de mes commentaires et de mes articles de faire prendre conscience de ce qui se passe et de montrer comment la terre est maltraitée.

    http://www.espace-livres.com

  14. fred dit :

    Moui José, la Terre est déjà un vaste chantier, en dehors des zones de guerre et des résidences très privées et sécurisées bien sur, et de quelques parcs naturels qui finiront par être l’équivalent du zoo pour les espèces végétales.

    Ceci si rien ne change .

    Sinon, je ne croie pas que nous ayons reçu la Terre en héritage comme tu le dis sur ton blog, ce sont les enfants qui nous la prêtent, et ils vont nous passer un sacré savon quand ils vont réaliser ce qu’on en fait.

    Ceci si rien n’est fait pour inverser la mainmise de qlq multinationales sur tout..

    Bon dimanche;
    http://www.youtube.com/playlist?list=PLSU3ATnUcmZBrAUGxrK_KVehzrIjbV13W&feature=plcp

  15. Benjamin dit :

    Nous ne voulons plus de marées noires ! Il faut mobiliser plus de monde pour lutter contre le forage !

    N’hésitez pas à visiter mon blog sur l’écologie.
    http://ecolo.secondes.info
    Merci et bonnes lectures !

  16. Marie dit :

    Quand le prix de l’eau sera supérieur au gasoil, peut-être que la question se manifestera autrement

  17. Faust dit :

    Petite précision sur les gaz de schiste : ils sont encore pires que prévu :

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/04/gaz-de-schiste-des-fuites-de-methane-plus-importantes-que-prevu_1812943_3244.html

    Estimées à 2.4%, les émanations de méthane liées à l’exploitation des gaz de schiste seraient trois à quatre fois supérieures ! Un bilan pire que le charbon en matière de réchauffement climatique (le méthane est un GES pire que le CO2).

    Gaz de schiste, non, pétrole non conventionnel, non, forage en eaux profondes, non, sobriété et efficacité énergétiques, oui !

  18. citoyenactif dit :

    bataille de l’énergie 2

    http://citoyenactif.20minutes-blogs.fr/archive/2013/01/22/bataille-de-l-energie-2.html

    Batailles pour l’énergie – Le Monde diplomatique : « Manière de voir » n° 115 — Février – mars 2011
    Prix du pétrole, pénuries électriques, ruée sur les ressources renouvelables, géopolitique des gazoducs… Comprendre le grand jeu de l’énergie dont dépend notre avenir implique une démarche volontariste : on s’arrête, on réfléchit. Et ce n’est pas triste. Le Dessous Des Cartes Richesse Et Pauvreté Des Nations 11 Le Pic Pétrolier, C’est :

    documentaires : L’Arctique le nouvel Eldorado…, L’Afrique le nouvel enjeu economique mondial

    Pétrole et gaz naturel en Arctique – Wikipédia :

    L’océan glacial Arctique est identifié comme fertile en hydrocarbures (pétrole et gaz naturel) depuis des décennies ; certains gisements y sont déjà exploités, le plus connu étant l’Alaska. En 2007, seule une étroite bande côtière est exploitée, mais la fonte prochaine de la banquise d’été autorise de nouvelles ambitions. Alors que les opérations d’intimidation ont déjà commencé, il est utile de s’intéresser à l’estimation des volumes d’hydrocarbures récupérables dans cette zone, et d’identifier quels pays vont en bénéficier. La lecture de cet article est donc soumise aux restrictions d’usage concernant les estimations et la géopolitique.

    bataille de l’énergie : citoyen actif : De la guerre froide au Grand Jeu : Orient. L’internationalisation du néolibéralisme ! : De la guerre froide au Grand Jeu , De la guerre froide au Grand Jeu : La bataille de l’énergie, La Chine et la guerre des monnaies ( cliquer ici) , Pendant que la bataille de l’énergie fait rage ( Eau (: La guerre de l’eau), Spéculation sur le bien commun … , les peuples souffrent L’eau, un enjeu du XXIe siècle

    Extrait d’un think thanks financier :

    Paris, Lundi 21 janvier 2013

    Quelles richesses pétrolières en Arctique ?

    Il y a moins d’un mois, Shell a subi un revers important dans son programme de forage en Arctique.

    Le Kulluck, un de ses navires de forage, d’une capacité de 28 000 tonnes, s’est échoué sur une des îles Kodiak, en Alaska, après avoir rompu l’amarre d’un de ses remorqueurs en pleine tempête. Les gardes-côtes américains avaient auparavant évacué les 18 membres d’équipage.

    Selon le porte-parole des gardes-côtes, les vents atteignaient alors 115 kilomètres/heure et les vagues 12 mètres de haut dans le golfe d’Alaska.

    En septembre et en octobre 2012, Shell avait utilisé le Kulluck pour forer des puits dans la mer de Beaufort, au nord de l’Alaska. Shell était en train de remorquer le Kulluck vers Seattle pour des opérations de maintenance lorsqu’une série de problèmes météorologiques et mécaniques ont débuté : l’amarre d’un remorqueur a rompu alors qu’au même moment, pure coïncidence, le moteur de l’un des remorqueurs perdait de sa puissance du fait d’une détérioration du carburant. Après cela, la série noire n’a cessé de s’assombrir.

    source : Quelles richesses pétrolières en Arctique ? | La Chronique Agora

    voir aussi : La face cachée de Hiroshima – citizen khane

    A lire aussi : l’agrobusiness prend le large, L’enjeux du Lithium, l’Onde de Choc : Le tungstène, Quels risques climatiques majeurs ? , La Norvège, et les garde fous néolibérale : citoyen actif, Le bout de la logique 2 – l’indigné révolté, Bout de la logique – Altermonde

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    PPT] L’ENJEU ENERGETIQUE


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